Rien qu'un transfert de coûts, une assurance toujours en sursis
et peu d'innovations
Des représentant(e)s de l'action sociale ont justifié, le 9 septembre dernier, le rejet unanime - par les cantons, les communes et les institutions sociales, c'est-à-dire au-delà de toute frontière poli-tique – d'une révision de la loi sur l'assurance-chômage (LACI) jugée antisociale, à courte vue et ne constituant pas une vraie solution aux problèmes de cette assurance.
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Conférence de presse: Avec un financement plus juste, l'assurance-chômage serait assainie
Un milliard 400 millions de francs pour une révision ratée de l'assurance-chômage ? Des
cotisations salariales plus élevées pour des prestations moindres ? C'est par une campagne
déterminée que les organisations des salarié(e)s s'opposent à cette révision absurde
et synonyme de pur démantèlement. Si des cotisations étaient aussi prélevées sur la
totalité des salaires – comme dans l'AVS ou l'AI -, cette assurance pourrait être financée
sans problème aucun et sans démantèlement de ses prestations.
Les textes...
Les économistes veulent aussi que les chefs passent à la caisse
Les hauts et très hauts revenus paient trop peu de cotisations à l'assurance-chômage. C'est ce que prétendent les syndicats, raison pour laquelle ils ont saisi le référendum contre la révision de la loi sur l'assurance-chômage (LACI). Aujourd'hui, les principaux économistes leur donnent raison, ainsi que l'écrit le journal dominical alémanique Sonntag.
Economiesuisse finance l'UDC et les autres partis bourgeois veulent aussi profiter de ses largesses
Début août, nous avons assisté à un triste jeu pour la démocratie : ainsi que l'a découvert la Mittellandzeitung, l'UDC s'est purement et simplement vendue à l'organisation patronale faîtière economiesuisse dans le cade de la campagne en faveur du démantèlement de l'assurance-chômage. L'UDC a en effet mis son nom et son logo à la disposition d'economiesuisse. Les autres partis de droite – PDC, PRD et PBD – font la grimace. Parce qu'un parti politique ne devrait pas se vendre ? Que non ! Parce qu'ils voudraient profiter eux aussi des largesses d'economiesuisse.
L'article de la "Mittellandzeitung"
Non au démantèlement d'une assurance efficace
L'assurance-chômage suisse est un système efficace, précisément dans la période de crise actuelle. Elle permet aux personnes au chômage de réintégrer rapidement le marché du travail. Et cellesqui ont besoin de plus de temps pour trouver un emploi ne sont pas réduites à recourir à l'aide sociale. Il n'y a donc aucune raison de démanteler une assurance qui a fait ses preuves.
A eux les bonus, à nous les malus?
La Confédération a déboursé des milliards pour venir en aide aux responsables de la crise (sauvetage d'UBS), des managers incompétents continuent d'encaisser des bonus de plusieurs millions, mais on veut amputer les prestations servies aux victimes de la crise. Le comble, c'est que ceux qui per-çoivent un revenu supérieur à 315 000 francs ne paient plus de cotisations à l'assurance-chômage pour le montant dépassant cette limite. Certains top-managers se remplissent les poches alors que les chômeuses et chômeurs passent à la caisse. Et tous les salarié(e)s devront payer davantage pour des prestations réduites. Cette injustice est inacceptable !
Des économies réalisées sur le dos des personnes au chômage
La réduction du nombre d'indemnités journalières mettrait sérieusement à mal la protection sociale des chômeuses et des chômeurs. Les plus touchés seraient les plus âgés, les jeunes qui sortent d'une formation et les femmes qui veulent revenir sur le marché de l'emploi, ou qui doivent réintégrer la vie active en raison de circonstances difficiles (maladie grave, décès du conjoint, divorce).
Un mode d'assainissement de la dette qui manque de sérieux
Il est normal, en période de crise, que les dépenses de l'assurance-chômage augmentent plus que les recettes. Les dettes baissent rapidement avec le retour de la haute conjoncture. La loi actuelle sur l'assurance-chômage a prévu un mécanisme pour contenir l'endettement. Avec le projet de révision, par contre, l'assainissement de la dette durerait jusqu'en 2028. Ce n'est pas sérieux!
Des coûts supplémentaires pour les cantons et les communes
Le démantèlement de l'assurance-chômage toucherait aussi les cantons et les communes, et donc les contribuables. C'est sur eux, en définitive, que pèserait la forte augmentation des charges de l'aide sociale.
La nouvelle loi se ferait durement sentir dans les cantons et les régions à fort chômage ; ils ne pour-raient plus prolonger la durée d'indemnisation en cas de taux de chômage élevé, comme c'est le cas actuellement. C'est pourquoi certains représentants des partis bourgeois de cantons à fort chômage disent eux aussi NON au projet de révision de la loi.